Méditation

Intro meditation

En 2012, lors de la Biennale de l’éducation et de la formation au CNAM, nous avons animé une réflexion sur la sagesse chinoise. Pour nous aider nous avons fait appel entre autres à Madame Ke Wen, un maître réputé de Qi Gong, créatrice depuis vingt ans d’un important centre de culture chinoise à Paris « Les temps du corps ».(…)

Le livre « La voie du calme » me semble être celui qui rassemble toutes les qualités requises pour comprendre la pensée chinoise dans ses quatre fondamentaux : les voies taoïste, confucianiste, bouddhiste et médicale.Bien que très heureusement informé de la pensée chinoise, il ne s’adresse pas à des spécialistes mais à des hommes et des femmes soucieux de leur développement corporel et spirituel et ouverts à cette culture si particulière de l’Asie.

On trouvera dans cet ouvrage un développement approfondi des quatre approches envisagées non seulement dans leur fondement mais également dans leur caractère expérientiel et corporel pour aller vers l’essentiel, la méditation facteur de calme de la totalité de l’être. (…)

Au total, le livre de Ke Wen et de Zhang Ming Liang me paraît un des meilleurs ouvrages que j’ai lu depuis des années à la fois pas son référentiel typiquement chinois et son esprit pragmatique indispensable pour saisir l’essence de la pensée chinoise. Nous ne sommes pas là dans la création de concepts charnières entre sagesse chinoise et philosophie occidentale à la manière de François Jullien, que je n’exclue pas pour mon propre sens de la vie. Nous sommes au coeur de l’approche chinoise de la réalité.

Il est patent que le sociologue qui est en moi pose des questions à la pensée chinoise si complète ainsi décrite. Tout semble partir du corps énergétique de l’être humain inscrit dans l’énergétique universelle. L’interprétation du monde, et du monde social notamment, reflète ce parti pris. La physiologie et l’anatomie associées à la psychologie vécue en constituent le fondement. Le social en tant que spécificité fait partie de cette totalité et reflète son dynamisme. Certes l’école confucianiste pointe la difficile question de la réalisation de l’harmonie dans les rapports sociaux, mais reste sous l’égide de sa conception du Tao. On sait que la problématique du conflit n’est pas la tasse de thé de la convivialité chinoise.

Tous les rites et manières d’être policées en société sont faits pour l’éviter, la détourner, la sublimer. Les Occidentaux, si habitués à vivre dans et avec le conflit, en renfonçant sans cesse l’esprit compétitif et la pléonexie, se cassent souvent les dents sur le processus de détournement des Chinois, qu’ils interprètent suivant leur ethnocentrisme peu questionné. L’ouvrage en question nous permet d’entrer un peu plus dans le vif du sujet, à partir du point de vue de « l’autre ». Nous avons tout à gagner à mieux comprendre le sens du « calme » méditatif offert par la pensée chinoise véritable, au-delà de sa gadgétisation mercantile si spectaculaire en Occident, pour nous acheminer, sans nier notre apport inscrit dans notre aire culturelle, vers un métissage généralisé des valeurs proprement humaines dans notre devenir éducatif.

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